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Prêt immobilier

Financement de soulte : comment emprunter pour racheter la part d'un bien

Par Julien Soumillon9 min de lecture

L'essentiel

  • Oui : une soulte peut se financer par un crédit immobilier, si la banque accepte le dossier. Ce n'est ni un droit, ni un taux affiché, ni un accord automatique.
  • La soulte est la somme versée à un indivisaire pour compenser l'attribution d'une part plus importante du bien (divorce, séparation, succession). Le notaire qualifie le partage.
  • Le prêt peut couvrir la soulte et, selon le montage, le capital restant dû du crédit déjà en place, plus certains frais. Il n'existe pas de quotité nationale unique.
  • Le divorce ou la séparation ne libère pas le co-emprunteur. La désolidarisation suppose le remboursement du prêt commun, ou l'accord écrit de la banque.
  • Cette opération n'est pas un rachat de prêt immobilier (changer de banque pour le crédit en cours) ni un regroupement de plusieurs crédits.

Oui : on peut financer une soulte par un crédit immobilier, si la banque accepte le dossier. La soulte est la somme versée pour racheter la part d'un indivisaire, lors d'un divorce, d'une séparation ou d'une succession. Le prêt finance cette somme et, selon le montage, le capital restant dû du crédit déjà en place. Ce n'est pas une promesse de taux, ni un accord automatique, ni un conseil sur le partage. Cadre national, partout en France : le dossier et le contrat comptent, pas la commune.

Qu'est-ce qu'une soulte

Une soulte compense un partage inégal. La personne qui reçoit une part de bien plus importante verse de l'argent à celle qui reçoit moins. Le chiffre ne sort pas d'un barème bancaire : il sort de la liquidation du patrimoine (biens et dettes), arrêtée par les personnes concernées et, dès qu'un immeuble est en jeu, par le notaire.

Divorce ou séparation d'un couple marié. Service-public indique que l'ex-époux qui conserve le domicile commun verse une soulte à l'autre. La soulte n'est pas obligatoire si d'autres biens compensent l'écart. Les ex-époux peuvent aussi vendre le bien, ou le conserver ensemble. Source : partage des biens des époux. Quand le bien est commun ou indivis, le partage est établi par un notaire. Source : procédure de partage.

Le régime matrimonial change la masse à partager (communauté, séparation de biens, communauté universelle). Cette page ne qualifie pas un régime et ne dit pas qui doit garder le logement.

Succession. Avant le partage, les biens du défunt sont en indivision entre les héritiers. Source : indivision successorale. Au partage, chaque héritier doit recevoir une valeur égale à ses droits. Des lots inégaux sont possibles si une soulte compense les héritiers concernés. Le partage amiable suppose leur accord. Source : partage des biens de la succession.

PACS et union libre. Le cadre civil n'est pas le même que le mariage, et le droit d'enregistrement non plus (voir plus bas). Seul le notaire qualifie l'acte. Un courtier lit le montant de soulte que cet acte retient. Il ne le fixe pas.

Comment se monte le crédit immobilier

L'emprunteur est la personne qui conserve le bien, ou qui augmente sa part. Le prêt immobilier lui sert à payer les autres. Le dossier suit les règles du crédit immobilier : offre écrite, délai de réflexion, assurance, garantie. Présentation générale : economie.gouv.fr.

Ce que le prêt peut couvrir. Trois masses reviennent souvent dans le plan de financement :

  • la soulte versée aux indivisaires ;
  • le capital restant dû du crédit déjà inscrit sur le bien, lorsque ce crédit est soldé pour libérer le co-emprunteur ;
  • des frais : émoluments et formalités du notaire, garantie du nouveau prêt, et parfois des indemnités de remboursement anticipé.

La banque ne retient que ce que la valeur du bien et les revenus permettent. Un poste peut rester à la charge de l'emprunteur (épargne, donation). Les droits de succession, s'il y en a, sont un autre sujet : ils n'entrent pas ici comme une ligne automatique.

Quotité. Il n'existe pas de quotité nationale unique publiée pour un financement de soulte. La banque compare le besoin de trésorerie (soulte, frais, capital restant dû s'il est repris) à la valeur du bien qu'elle retient, et à la capacité de remboursement. La part déjà détenue peut réduire le besoin d'apport en numéraire. Elle ne crée pas un droit à un pourcentage. Aucun ratio n'est affiché ici comme règle, ni comme promesse d'une banque.

Capacité. Le cadre HCSF s'applique au montage : taux d'effort maximal de 35 % des charges d'emprunt (assurance comprise), durée maximale de 25 ans, 27 ans si l'entrée dans le logement est différée. Source : mesure HCSF. Détail : normes HCSF 2026. Pour un ordre de grandeur d'effort, sans décision bancaire : le simulateur.

Garantie. Le nouveau prêt est garanti selon la politique de l'établissement : caution, hypothèque conventionnelle, ou hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers (l'ancien PPD, surtout sur un bien existant). Le type et le coût figurent dans l'offre et le TAEG. Si un prêt ancien est soldé, sa sûreté fait l'objet d'une mainlevée, dans l'acte notarié. Repères : caution, hypothèque ou PPD.

Co-emprunteurs. La personne qui garde le bien peut emprunter seule, ou avec un nouveau co-emprunteur, si la banque l'accepte. La personne qui reçoit la soulte n'a pas vocation à signer le nouveau prêt : le montage vise à la payer, et à la sortir du crédit commun lorsqu'il y en a un.

Désolidarisation. Le principe est fixé par service-public. Le divorce ou la séparation ne met pas fin au contrat de prêt, ni à l'engagement des co-emprunteurs. Deux voies existent, toutes deux soumises à la banque :

  • rembourser le prêt commun par anticipation (la vente du bien, ou un nouveau crédit, peuvent servir à cela) ;
  • demander à la banque de libérer un co-emprunteur, parfois avec un nouveau garant ou une garantie supplémentaire.

Tant que l'une de ces voies n'est pas actée, chacun reste tenu. Un jugement qui attribue le logement ne suffit pas. Source : garantie co-emprunteur en cas de divorce ou de séparation.

Si le prêt commun est remboursé avant son terme, le contrat peut prévoir des indemnités de remboursement anticipé. Lorsqu'elles sont dues, leur montant ne peut pas dépasser le plus faible de deux plafonds : six mois d'intérêts sur le capital remboursé par anticipation, au taux moyen du prêt, et 3 % du capital restant dû avant ce remboursement. Elles ne sont pas dues dans certains cas de vente (changement de lieu de travail, décès, cessation forcée d'activité). Le financement de soulte n'est pas, à lui seul, l'un de ces cas. Le décompte vient de la banque. Source : remboursement anticipé.

Le nouveau prêt emporte une assurance emprunteur. La quotité exigée figure dans l'offre. Elle n'est pas un pourcentage unique national.

Un courtier IOBSP peut présenter le dossier à des établissements dont la politique accepte ce montage, y compris à distance. Il ne fixe pas la soulte, il ne tranche pas le partage, et il ne garantit ni le taux ni l'accord.

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Ne pas confondre avec le rachat de prêt immobilier

Trois opérations se croisent dans les recherches. Une seule est traitée ici.

Financement de soulte. On emprunte pour verser à un indivisaire la somme qui compense sa part, et souvent pour solder le crédit commun. À la fin, une personne détient le bien (ou une part plus grande), et l'autre est payée. Le motif est le partage, pas la recherche d'un meilleur taux.

Rachat de prêt immobilier. On remplace le crédit immobilier en cours par un prêt d'un autre établissement, pour en changer le taux, la durée ou la mensualité. Les propriétaires restent les mêmes. Personne ne rachète la part d'un indivisaire. Un refinancement, sans part à verser, se regarde à part, dans un dossier de prêt immobilier.

Solder le crédit commun à l'intérieur d'un financement de soulte n'est pas un rachat de prêt immobilier. Le remboursement anticipé est alors un moyen de libérer le co-emprunteur, pas le but de l'opération.

Regroupement de crédits. On fusionne plusieurs prêts déjà en cours (consommation, immobilier, parfois les deux) en une seule mensualité. Il n'y a pas de part d'indivisaire à racheter. Cette opération est sur une autre page : regroupement de crédits. Elle ne se monte pas avec ce guide.

Pièces et points de vigilance

La banque demande un dossier de crédit immobilier, plus les pièces qui établissent le partage. La liste exacte varie. En pratique, on prépare :

  • identité, revenus, charges, relevés de comptes ;
  • titre de propriété, tableau d'amortissement et capital restant dû du prêt en cours, garantie déjà inscrite ;
  • le projet d'acte ou l'acte de partage qui chiffre la soulte, et la valeur retenue pour le bien ;
  • en divorce ou séparation : la convention ou la décision qui attribue le logement, selon ce que le prêteur demande ;
  • en succession : les pièces notariales qui désignent les héritiers et le partage.

Ne pas figer une soulte que le crédit ne peut pas payer. L'acte notarié et l'offre de prêt doivent porter sur le même montant, au même moment. Si la banque finance moins que la soulte convenue, il faut un complément (épargne, autre bien attribué en compensation) ou revoir le partage avec le notaire. Un courtier ne réécrit pas l'acte.

Droit de partage. L'article 746 du CGI soumet les partages à un droit d'enregistrement ou à une taxe de publicité foncière de 2,50 %. Depuis le 1er janvier 2022, ce taux est de 1,10 % pour les partages des intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, à un divorce ou à une rupture de PACS (1,80 % en 2021). Source : BOFiP, article 108 de la loi de finances pour 2020.

Dans les partages visés à l'article 748 du CGI (succession, communauté conjugale, indivision entre époux ou partenaires de PACS, donation-partage, entre les personnes que le texte énumère), ce droit se liquide sur la valeur nette de l'actif partagé, sans déduire la soulte. Ce n'est donc pas un pourcentage appliqué seulement à la somme versée à l'autre indivisaire. Hors de ces cas, d'autres règles peuvent s'ajouter. Le notaire liquide l'impôt. Cette page ne calcule pas votre acte. Source : BOFiP, partages avec soultes.

Refus possible. Revenus trop justes au regard du HCSF, valeur du bien discutée, partage non stabilisé, ou politique de l'établissement : la banque peut refuser, ou financer une enveloppe plus basse. Vendre le bien, compenser par d'autres actifs, ou présenter un co-emprunteur sont des pistes, pas des issues garanties.

Parcours crédit : prêt immobilier. Ordre de grandeur de mensualité : simulateur. Garantie : caution, hypothèque, PPD.

Sources

Questions fréquentes

Peut-on financer une soulte avec un crédit immobilier ?

Oui, sous conditions de la banque. Le financement de soulte est un crédit immobilier destiné à verser la somme due à un indivisaire pour racheter sa part, et souvent à solder le prêt déjà inscrit sur le bien. L'accord, le montant et le taux figurent dans l'offre. Aucun établissement n'est tenu d'accepter.

Qu'est-ce qu'une soulte en cas de divorce ou de succession ?

C'est une somme d'argent versée pour compenser un partage inégal. En divorce, l'ex-époux qui conserve le domicile commun verse une soulte à l'autre, sauf si d'autres biens compensent (service-public). En succession, des lots de valeur inégale peuvent être équilibrés par une soulte versée aux héritiers concernés. Le montant vient de la liquidation, pas d'un barème bancaire. Cette page ne calcule pas une soulte et ne dit pas qui doit garder le bien.

Le prêt couvre-t-il seulement la soulte, ou aussi le capital restant dû ?

Les deux peuvent entrer dans le même dossier. Le besoin de trésorerie comprend en général la soulte, les frais (notaire, garantie, parfois indemnités de remboursement anticipé) et, si le crédit commun est soldé, le capital restant dû. La banque ne finance que ce que la valeur du bien et la capacité de remboursement permettent. Aucune quotité unique n'est publiée comme règle nationale.

Le divorce désolidarise-t-il automatiquement le co-emprunteur ?

Non. Service-public le rappelle : le divorce ou la séparation ne met pas fin au contrat de prêt ni à la garantie entre co-emprunteurs. Chacun reste tenu tant que le prêt n'est pas remboursé, ou tant que la banque n'a pas accepté par écrit de libérer l'un des deux. Un jugement qui attribue le bien ne lie pas la banque.

Quelle différence entre financement de soulte et rachat de prêt immobilier ?

Le financement de soulte sert à payer la part d'un indivisaire pour devenir seul propriétaire, ou pour détenir une part plus grande, souvent en soldant le crédit commun. Le rachat de prêt immobilier remplace le crédit en cours par un prêt d'un autre établissement, pour en changer le taux, la durée ou la mensualité, sans racheter la part de quelqu'un. Le regroupement de crédits, lui, fusionne plusieurs prêts en un seul. Ce guide traite seulement le financement de soulte.

Le droit de partage est-il un pourcentage de la seule soulte ?

Dans les partages visés à l'article 748 du CGI (succession, communauté, indivision entre époux ou partenaires de PACS, entre les personnes que le texte vise), le droit se liquide sur la valeur nette de l'actif partagé, sans déduire la soulte. Le taux de l'article 746 du CGI est de 2,50 % en principe, et de 1,10 % depuis le 1er janvier 2022 pour un partage consécutif à une séparation de corps, un divorce ou une rupture de PACS. Le notaire établit le décompte. Cette page ne le remplace pas.

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