L'essentiel
- Le prêt relais, ou crédit relais, est une avance temporaire sur le produit attendu de la vente d'un bien, pour en acheter un autre avant cette vente.
- Le capital est en général remboursé à la vente. Pendant le relais, on paie surtout les intérêts et l'assurance (franchise), parfois presque rien (différé total).
- La banque n'avance qu'une part de la valeur estimée, après déduction du capital restant dû. Il n'existe pas de barème unique publié.
- Le risque central est la double charge et le délai de vente : le relais a une durée limitée, sans droit automatique à une prorogation.
- Vendre d'abord, poser une condition suspensive de vente, ou renforcer l'apport restent des alternatives. Aucun courtier ne peut garantir un taux ni un accord.
Le prêt relais (aussi appelé crédit relais) sert à financer un achat avant la vente de votre bien actuel. La banque avance, de façon temporaire, tout ou partie du produit attendu de cette vente. Ce n'est pas un prêt amortissable classique, ni une promesse de taux, ni un accord automatique. Cadre national, partout en France : c'est le dossier et le contrat qui comptent, pas la commune.
Comment fonctionne un prêt relais
Le Code de la consommation définit le crédit relais comme « un crédit d'une durée limitée destiné à faire l'avance partielle ou totale, et temporaire du produit de la vente d'un bien immobilier pour en acquérir un autre avant la vente du premier bien » (article L. 311-1, 16°). Source : Légifrance.
L'ANIL le décrit comme un prêt transitoire de courte durée, proposé aux propriétaires qui veulent acheter un nouveau bien avant d'avoir vendu un autre bien.
En pratique, le mécanisme est une avance sur vente :
- vous mettez en vente (ou vous vous engagez à vendre) le bien actuel ;
- la banque estime une valeur réalisable, puis avance une part de cette valeur, après déduction du capital restant dû s'il reste un prêt ;
- ces fonds aident à payer le nouveau logement chez le notaire, souvent avec un apport et, le cas échéant, un prêt amortissable ;
- quand la vente a lieu, le produit solde d'abord ce qui reste dû sur l'ancien bien, puis le relais. L'excédent, s'il y en a, reste disponible.
Deux montages se rencontrent. Le relais sec repose surtout sur cette avance, lorsque le produit net attendu doit couvrir l'essentiel de l'achat. Le relais adossé (ou relais-acquisition) ajoute un prêt immobilier amortissable, lorsque le nouveau bien coûte plus cher. Dans les deux cas, l'accord appartient au prêteur.
Pendant la durée du relais, le capital n'est en général pas amorti. Deux façons de payer les intérêts :
- Franchise (différé d'amortissement) : vous payez les intérêts et souvent l'assurance, le capital à la vente ;
- Différé total : peu ou pas de mensualité pendant une période, les intérêts étant reportés. La charge à la vente (ou ensuite) est plus lourde.
Ce n'est pas un menu libre : c'est l'offre de prêt qui fixe la formule. Un relais pour acheter en VEFA se calcule aussi avec les appels de fonds et les intérêts intercalaires du neuf.
Quotité, durée et coûts (sans barème inventé)
Quotité. En pratique courante, la banque n'avance qu'une part de la valeur estimée du bien à vendre. S'il reste un prêt, l'avance porte sur la valeur nette (estimation moins capital restant dû). Cette part n'est pas un barème unique publié : elle varie selon l'établissement, la qualité de l'estimation, la liquidité du bien et le risque de ne pas vendre au prix affiché. Aucun pourcentage n'est repris ici comme règle nationale, ni comme promesse d'une banque.
Durée. La loi impose une durée limitée, pas un calendrier unique. L'ANIL parle de courte durée. En pratique, les contrats sont souvent de l'ordre d'un à deux ans. Ce n'est pas un droit à deux ans, ni une prorogation automatique. À l'échéance, le capital du relais reste dû, même si la vente n'a pas eu lieu.
Coûts. Le coût du portage, c'est surtout les intérêts du relais, l'assurance emprunteur, et parfois la charge de l'ancien prêt tant qu'il n'est pas soldé. S'il y a un prêt amortissable en plus, sa mensualité s'ajoute. Le taux du relais n'est pas un taux 2026 unique : il figure dans l'offre, avec le TAEG. Aucun taux n'est affiché ici. Comparez le coût total sur la durée réelle de portage, pas seulement le taux nominal.
Le cadre HCSF (taux d'effort maximal de 35 % des charges d'emprunt, durée maximale 25 ans, 27 ans si l'entrée dans le logement est différée) s'applique au montage d'ensemble. Un relais en franchise pèse par ses intérêts et son assurance. Un prêt adossé pèse par sa mensualité. L'ancien prêt, s'il continue, pèse aussi. Source : mesure HCSF sur economie.gouv.fr. Détail : normes HCSF 2026.
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Pour qui, et dans quels cas
Le prêt relais s'adresse à un propriétaire qui veut acheter avant d'avoir vendu, et qui accepte une période où deux opérations se chevauchent. Cas fréquents :
- changer de résidence principale sans passer par une location entre deux ;
- saisir un bien, y compris en VEFA, alors que la vente de l'actuel n'est pas encore signée chez le notaire ;
- monter un achat plus cher que le produit net attendu, avec un prêt amortissable en complément (relais adossé).
Ce n'est pas l'outil du primo-accédant : il suppose un bien à vendre. Ce n'est pas non plus un substitut à l'apport. Si le produit net de vente est trop juste, ou si le délai de vente est trop incertain, d'autres montages tiennent mieux.
Le dossier reste un dossier de crédit immobilier : revenus, reste à vivre, comptes, estimation crédible, plan si la vente glisse. Un courtier IOBSP peut le présenter à des établissements dont la politique relais est compatible, y compris à distance. Il ne peut ni garantir la vente, ni garantir l'accord, ni inventer une quotité.
Points de vigilance
Double charge. Tant que l'ancien bien n'est pas vendu, vous pouvez porter à la fois l'ancien prêt, les intérêts du relais, l'assurance, et parfois la mensualité du nouveau prêt. Si vous avez déjà quitté le logement, un loyer peut s'y ajouter. Le reste à vivre se calcule sur cette période, pas sur « après la vente ».
Délai de vente. Un prix trop haut allonge le portage. Chaque mois d'intérêts a un coût. Baisser le prix plus tôt peut coûter moins cher qu'attendre un acheteur au prix initial. La banque n'est pas tenue de prolonger le relais. Une transformation en prêt amortissable, si elle est étudiée, est une nouvelle décision, pas un droit.
Estimation. L'avance part d'une valeur que la banque juge réalisable, pas du prix que vous affichez. Un écart à la baisse à la vente peut exiger un apport complémentaire pour solder le relais.
Alternatives. Trois voies évitent ou réduisent le relais :
- Vendre d'abord, puis acheter : pas d'avance, mais un possible logement transitoire ;
- Condition suspensive de vente dans le compromis d'achat : l'acquisition ne se réalise que si votre bien est vendu, selon les termes négociés ;
- Apport plus élevé (épargne, donation, produit d'une vente partielle) pour réduire le besoin d'avance.
Aucune de ces options n'est « meilleure » en soi. Elles changent le calendrier, le risque et la charge mensuelle. Le bon montage est celui que vous tenez jusqu'à la vente, dans le cadre HCSF, sans compter sur un taux promis ni sur un accord de principe marketing.
Parcours crédit : prêt immobilier. Premier achat (sans relais) : guide primo-accédant. Neuf : financer une VEFA.
Sources
- Code de la consommation, article L. 311-1, 16° (définition du crédit relais) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032222986
- ANIL, contrat de crédit immobilier (prêt relais : prêt transitoire de courte durée) : https://www.anil.org/votre-besoin/acheter/financement/contrat-de-credit-immobilier/
- Haut Conseil de Stabilité Financière, conditions d'octroi du crédit immobilier : https://www.economie.gouv.fr/hcsf/mesures/mesure-relative-loctroi-de-credits-immobiliers
- Ministère de l'Économie, fonctionnement du crédit immobilier : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/emprunter-et-sassurer/credit-immobilier-comment-ca-marche
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un prêt relais ou crédit relais ?
C'est un crédit d'une durée limitée, destiné à avancer tout ou partie, et de façon temporaire, du produit de la vente d'un bien immobilier pour en acquérir un autre avant cette vente. Définition légale : article L. 311-1, 16° du Code de la consommation. L'ANIL le décrit comme un prêt transitoire de courte durée.
Quelle quotité la banque avance-t-elle sur le bien à vendre ?
En pratique courante, une part seulement de la valeur estimée, souvent après déduction du capital restant dû s'il reste un prêt. Cette part n'est pas un barème unique publié : elle dépend de l'établissement, de l'estimation et du risque de vente. Aucun pourcentage n'est affiché ici comme règle nationale.
Quelle est la durée d'un prêt relais ?
La loi parle d'une durée limitée, pas d'un nombre d'années unique. L'ANIL le qualifie de prêt transitoire de courte durée. En pratique, les contrats sont souvent de l'ordre d'un à deux ans. Ce n'est ni un droit à deux ans, ni une prorogation automatique.
Quelle différence entre relais sec et relais adossé ?
Le relais sec est surtout l'avance sur la vente, lorsque celle-ci doit couvrir l'essentiel de l'achat. Le relais adossé combine cette avance et un prêt immobilier amortissable, lorsque le nouveau bien coûte plus cher que le produit net attendu de la vente. Les deux restent des décisions de banque, pas un droit.
Que se passe-t-il si le bien ne se vend pas à temps ?
Le relais reste dû à l'échéance prévue au contrat. La banque n'est pas tenue de le prolonger. Il peut falloir baisser le prix, apporter un complément, ou étudier une autre solution (prorogation, transformation, vente sous contrainte). Rien de tout cela n'est garanti. Le délai de vente est le risque principal.
Quelles alternatives au prêt relais ?
Vendre d'abord, puis acheter. Conditionner l'achat à la vente (condition suspensive). Renforcer l'apport pour réduire ou éviter l'avance. Ces voies allongent souvent le calendrier, mais évitent la double charge. Le bon choix dépend du compromis, du marché et de votre reste à vivre, pas d'une formule unique.
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