En bref
- Le cadre du HCSF (taux d'effort de 35 %, durée de 25 ans en principe) s'applique à tous les contrats de travail, CDD et intérim compris.
- La banque ne regarde pas un bulletin de salaire isolé : elle reconstitue un revenu moyen sur plusieurs années à partir des avis d'imposition.
- Un métier en tension, un même secteur depuis longtemps et peu de périodes sans contrat rendent le dossier plus lisible.
- Le CDI intérimaire est lu à part : c'est un contrat à durée indéterminée signé avec l'agence.
- Mon Courtier Français oriente le dossier vers les banques dont la politique du moment accepte ce profil, sans garantie d'accord.
Réponse directe. Oui, un prêt immobilier en CDD ou en intérim peut être accordé. Aucune règle nationale ne l'interdit : c'est chaque banque qui décide si vos revenus sont assez réguliers pour durer. Ce qu'elle regarde d'abord, c'est votre historique de contrats et de missions sur plusieurs années, pas le contrat en cours.
Pourquoi un contrat court inquiète une banque
Un crédit immobilier se rembourse sur 15, 20 ou 25 ans. La banque se demande donc si le revenu présenté aujourd'hui sera encore là dans cinq ou dix ans. Avec un CDD ou des missions d'intérim, la fin du contrat est écrite d'avance. L'analyste ne peut pas s'appuyer sur la date de fin : il cherche d'autres preuves de continuité.
Le statut n'est pas sanctionné en soi. Beaucoup de salariés en contrat court travaillent sans interruption depuis des années, parfois avec des revenus supérieurs à ceux d'un CDI du même métier. Le travail du dossier consiste à rendre cette continuité visible.
Le revenu retenu : une moyenne, pas le dernier bulletin
En CDD comme en intérim, le salaire varie d'un mois sur l'autre. La plupart des banques reconstituent un revenu moyen à partir des derniers avis d'imposition, complétés par les bulletins récents. Le nombre d'années demandé dépend de l'établissement.
Deux points reviennent souvent dans l'analyse :
- les indemnités de fin de contrat ou de fin de mission. Elles font partie de la rémunération versée. Leur prise en compte dans le revenu retenu varie selon les banques ;
- les périodes sans contrat. Quelques semaines entre deux missions se lisent autrement qu'une interruption de plusieurs mois. Si une allocation chômage a été perçue, la banque le verra sur les relevés et les avis d'imposition : mieux vaut l'expliquer dans le dossier.
Un revenu moyen stable, voire en hausse, sur la période observée pèse plus qu'un bon mois isolé.
CDD, intérim, CDI intérimaire : trois lectures différentes
Le CDD. La banque regarde le nombre de contrats, leur durée, la continuité chez un même employeur ou dans un même secteur. Un CDD renouvelé dans la même structure raconte une autre histoire qu'une suite de contrats sans lien entre eux.
L'intérim en missions. Le dossier repose sur les relevés de missions et les attestations de l'agence ou des agences. Une même agence sur plusieurs années, ou un même métier qualifié, facilite la lecture.
Le CDI intérimaire. Le salarié signe un contrat à durée indéterminée avec l'entreprise de travail temporaire, et perçoit une rémunération entre deux missions. Pour une banque, ce contrat se rapproche d'un CDI classique, sous réserve de la période d'essai et de l'ancienneté. Si c'est votre cas, faites-le apparaître clairement : il est souvent confondu avec l'intérim classique.
Les contractuels de la fonction publique en CDD relèvent de la première catégorie. Les banques regardent alors la durée des contrats, leurs renouvellements et la perspective de CDI.
Ce qui rend un dossier en contrat court plus solide
- Un métier recherché. Soignant, métier du bâtiment qualifié, technicien, transport : un métier où l'on retrouve vite une mission rassure sur la continuité du revenu.
- L'ancienneté dans le secteur. Plusieurs années dans le même domaine, même chez des employeurs différents, montrent une trajectoire.
- Un co-emprunteur. Un second revenu, quel que soit son contrat, change la lecture du foyer. Les deux profils restent analysés ensemble.
- Un apport. Il réduit le montant emprunté et montre une capacité d'épargne. Son niveau attendu varie selon la banque.
- Des comptes bien tenus. Pas de découvert répété, pas de rejet de prélèvement, une épargne qui progresse. Sur un profil en contrat court, les relevés pèsent lourd.
- Un reste à vivre suffisant. Respecter 35 % ne suffit pas si ce qui reste après les charges est trop juste pour absorber un mois sans mission.
Pour un premier calcul de mensualité et d'endettement, utilisez le simulateur. Le résultat reste une estimation, pas une décision de la banque.
Les pièces à réunir
- les avis d'imposition des dernières années ;
- tous les contrats de travail ou relevés de missions sur la période, avec les attestations de l'agence d'intérim ;
- les bulletins de salaire récents ;
- les relevés de tous les comptes, y compris épargne, sur les derniers mois ;
- si vous avez perçu une allocation chômage, les attestations correspondantes ;
- le justificatif d'apport et de son origine ;
- les mêmes pièces pour le co-emprunteur.
Classez les contrats dans l'ordre chronologique, avec un court récapitulatif d'une page : employeur, dates, métier. Un analyste qui comprend votre parcours en deux minutes lit le dossier dans de meilleures conditions.
Attendre un CDI ou déposer maintenant
Si un CDI est annoncé à court terme, attendre la fin de la période d'essai simplifie en général l'instruction (voir notre article sur le prêt immobilier en CDI période d'essai). Si votre parcours en contrat court est long et régulier, rien n'oblige à attendre : un dossier bien présenté peut être étudié dès maintenant par les banques qui acceptent ce profil.
Le bon moment dépend aussi du projet. Un compromis signé avec une condition suspensive de prêt fixe un calendrier : dans ce cas, le dossier doit être complet dès le premier dépôt.
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Le rôle d'un courtier indépendant
Je constitue le dossier une fois, je le présente aux établissements dont les critères correspondent à votre parcours, parmi 30 banques partenaires, et je compare les propositions (taux, durée, assurance, garantie). Dossier étudié et monté en moins de 48 h. Le suivi se fait à distance, partout en France.
Si une banque a déjà refusé, voir notre page prêt immobilier refusé. Pour le parcours complet d'un achat, voir prêt immobilier et les normes HCSF.
Honoraires dus seulement si le prêt est obtenu, montant écrit dans le mandat, selon votre dossier.
Sources
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un prêt immobilier en CDD ?
Oui, selon la banque et le dossier. Aucune règle nationale n'interdit de prêter à un salarié en CDD. La banque regarde la continuité des contrats, l'ancienneté dans le métier, le revenu moyen sur plusieurs années, l'apport et la tenue des comptes. L'accord reste une décision du prêteur.
Comment une banque calcule-t-elle le revenu d'un intérimaire ?
La plupart des banques reconstituent un revenu moyen à partir des avis d'imposition des dernières années et des bulletins récents. Le nombre d'années retenu et la prise en compte des indemnités de fin de mission varient selon l'établissement.
Le CDI intérimaire est-il considéré comme un CDI ?
C'est un contrat à durée indéterminée signé avec l'entreprise de travail temporaire. Beaucoup de banques le lisent comme un CDI, en tenant compte de la période d'essai et de l'ancienneté. Il doit être clairement présenté dans le dossier pour ne pas être confondu avec l'intérim en missions.
Un co-emprunteur en CDI suffit-il à faire accepter le dossier ?
Il améliore la lecture du foyer, sans garantir l'accord. La banque analyse les deux revenus ensemble, le taux d'effort global et le reste à vivre. Un co-emprunteur ne remplace pas l'analyse de votre propre parcours.
Les périodes de chômage entre deux contrats bloquent-elles le prêt ?
Pas forcément. De courtes périodes entre deux contrats sont fréquentes en intérim et en CDD. Une interruption longue ou inexpliquée pèse davantage. Mieux vaut l'expliquer dans le dossier avec les attestations correspondantes.
Le taux d'effort de 35 % change-t-il pour un contrat court ?
Non. Le cadre du HCSF s'applique de la même façon à tous les contrats de travail. La banque peut en revanche demander un reste à vivre plus confortable ou un apport plus élevé pour compenser l'incertitude sur la durée des revenus.
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