L'essentiel
- Une baisse de mensualité, quand elle a lieu, vient presque toujours d'un allongement de durée, pas d'un « cadeau » de taux.
- Le seul chiffre comparable entre votre situation actuelle et l'offre de regroupement est le TAEG, et le coût total en euros.
- Allonger la durée peut être rationnel si l'alternative est l'incident de paiement, pas si c'est pour financer un nouveau crédit à la légère.
- Les indemnités de remboursement anticipé, les frais de dossier et l'assurance pèsent dans le coût total : ils ne sont pas « à part ».
- Nous présentons toujours les deux colonnes : charge mensuelle et coût total. Vous tranchez ensuite.
Le regroupement de crédits se vend trop souvent sur une seule ligne : une baisse de mensualité affichée sans le coût total. Cette baisse, quand elle existe, vient presque toujours d'un allongement de la durée. Le coût total, lui, augmente. Un courtier indépendant inscrit à l'ORIAS, comme Mon Courtier Français (ORIAS 17003825), a l'obligation de vous le montrer. Voici le calcul, sans angle publicitaire.
Deux indicateurs, deux décisions
La mensualité dit si vous tenez le mois. Le coût total (intérêts + assurance + frais de dossier + garantie) dit ce que l'opération vous aura coûté le jour du dernier prélèvement. Exemple illustratif : une famille à 1 430 € de charges sur quatre crédits, passée à 850 € après regroupement, dégage 580 € de reste à vivre. Ce n'est pas un résultat promis. C'est décisif si le budget craque. Elle remboursera plus d'intérêts si la durée s'allonge. Les deux phrases sont vraies en même temps.
Exemple illustratif : selon le mix de crédits, l'écart de mensualité peut se situer dans une fourchette large. Ce n'est pas une baisse garantie, et ces écarts décrivent la charge mensuelle, jamais une remise sur le capital.
Le TAEG, pas le taux d'appel
Le taux nominal de l'offre de regroupement est un argument de vente. Le TAEG (taux annuel effectif global) inclut l'assurance, les frais et la garantie. C'est le seul pourcentage qui permet de comparer deux organismes. Notre glossaire en donne la définition ; la Banque de France publie par ailleurs le taux d'usure, plafond légal du TAEG.
Comparer le TAEG du nouveau prêt au « taux moyen » de vos crédits en cours est un piège : un crédit renouvelable à taux élevé tirait la moyenne vers le haut, un prêt immobilier ancien à taux bas la tirait vers le bas. Le bon comparatif est en euros : intérêts restant dus aujourd'hui versus intérêts + frais du nouvel échéancier.
Ce qui gonfle le coût total
- La durée. Mécanique : plus d'annuités, plus d'intérêts. C'est le premier levier de la baisse de mensualité, donc le premier levier du surcoût.
- L'assurance emprunteur du nouvel encours, surtout sur un regroupement propriétaire avec garantie hypothécaire.
- Les frais de dossier du nouvel organisme et, le cas échéant, les frais de garantie (hypothèque ou caution).
- Les IRA (indemnités de remboursement anticipé) des prêts soldés, plafonnées à six mois d'intérêts et 3 % du capital restant dû pour l'immobilier.
Un rachat « qui baisse la mensualité » en oubliant ces lignes n'est pas une offre, c'est une affiche.
Quand le surcoût total est rationnel
Trois situations, déjà décrites dans nos autres guides : la charge mensuelle menace l'équilibre du foyer ; le taux d'endettement vous ferme un projet nécessaire (santé, mobilité, maintien dans le logement) ; des crédits renouvelables à taux élevés peuvent être remplacés par un amortissable. Dans ces cas, payer plus d'intérêts au global pour éviter l'incident de paiement, le fichage ou un nouveau crédit encore plus cher n'est pas une erreur : c'est un arbitrage.
À l'inverse, regrouper pour « se faire plaisir » avec une trésorerie complémentaire alors que le budget tient, c'est souvent acheter du coût total. La rachat de crédit consommation et le regroupement avec hypothèque détaillent les mécaniques ; celui-ci pose la question du prix.
Ce que nous vous présentons avant signature
Deux colonnes, toujours. À gauche : vos échéances actuelles, capital restant dû, IRA estimées. À droite : nouvelle mensualité, nouvelle durée, TAEG, coût total, assurance. Vous voyez ce que vous gagnez chaque mois et ce que vous payez en plus sur la vie du crédit. L'étude reste gratuite. Si l'opération n'a d'intérêt que pour nous, nous vous le disons.
La durée maximale dépend du statut : 12 à 15 ans pour un locataire (conso seul), jusqu'à 25 ans (parfois 30 ans selon les organismes) pour un propriétaire avec garantie immobilière. Plus la durée est longue, plus la mensualité baisse, plus le coût total monte. Nous simulons plusieurs durées, pas seulement la plus spectaculaire.
Questions fréquentes
Pourquoi ma mensualité baisse-t-elle autant ?
Parce que l'on étale le capital restant dû sur davantage d'années, et parfois parce que l'on remplace des crédits renouvelables chers par un prêt amortissable. Les pourcentages de baisse affichés sur le marché décrivent la charge mensuelle, pas une réduction du montant remboursé au total.
Comment savoir si l'opération me coûte plus cher ?
Demandez le coût total du crédit (intérêts + assurance + frais) sur la nouvelle durée, et comparez-le à la somme des intérêts restant dus sur vos prêts actuels, IRA comprises. Le TAEG de la nouvelle offre permet de comparer deux propositions de regroupement entre elles. Sans ces deux chiffres, vous comparez des mensualités, pas des crédits.
Les IRA du prêt immobilier actuel tuent-elles l'opération ?
Pas forcément. Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées (six mois d'intérêts, dans la limite de 3 % du capital restant dû). Sur un regroupement propriétaire, elles s'intègrent au nouveau financement. L'opération reste pertinente si la baisse de charge mensuelle est indispensable, ou si le taux du nouveau prêt est suffisamment plus bas.
Faut-il viser la durée la plus longue pour payer moins par mois ?
Seulement si le budget l'exige. Une durée plus courte coûte moins cher au total, à taux égal. Nous simulons plusieurs durées : celle qui vous fait respirer, et celle qui limite le surcoût. La bonne est rarement la plus longue par réflexe.
Le regroupement est-il un crédit moins cher ?
Ce n'est pas la bonne question. C'est un crédit différent : une mensualité unique, souvent plus basse, un coût total souvent plus élevé, une lisibilité budgétaire meilleure. Il est utile quand la charge mensuelle actuelle n'est plus tenable, ou quand elle vous ferme l'accès à un projet nécessaire. Il est inutile quand on veut seulement « faire un geste » sur un budget déjà stable.
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